Hikikomori, un trouble peu connu



Hikikomori, un trouble spécifiquement japonais ? Un trouble peu connu...

Le 30 octobre 2003, le magazine Envoyé Spécial sur France2 a présenté un reportage sur un trouble du comportement japonais : le Hikikomori.

Ce trouble consiste à vivre replié dans un endroit de la maison sans en sortir. Cela touche environ un jeune sur 10, surtout des garçons. Ils effectuent un réel retrait de la société, vivant reclus dans une pièce. On les nomme les otakus. Les otakus occupent le plus souvent leurs journées en jouant aux jeux vidéos, en lisant des bandes dessinées... Ils vivent beaucoup au travers des objets virtuels. Les familles attendent souvent plusieurs années avant de se décider à demander de l'aide à un tiers. Pourquoi ? Elles vivent dans la honte et font généralement tout pour cacher cette difficulté.

Des cliniques commencent à traiter ce trouble du comportement. Des spécialistes étrangers viennent étudier le Hikikomori car il semble spécifique aux japonais. Il est clair que ce trouble du comportement dépend étroitement de la société dans laquelle il apparaît. Cependant, une pathologie ayant un visage différent des pathologies des autres pays ne veut pas dire qu'elle n'appartient pas un groupe commun. Seule l'expression prendrait un aspect différent, mais le fond serait identique... C'est je pense, ce que les scientifiques essayent de comprendre.

Les explications sont avant tout culturelles, on ne parle pas du type de personnalité de ces jeunes otakus. A part qu'ils sont souvent des anciens enfants Ijime (c'est un enfant rejeté de son groupe d'âge par ce même groupe car il ne se conforme pas à celui ci, c'est le phénomène de la tribu. L'enfant subit un véritable harcèlement moral, il est isolé du groupe, humilié, persécuté).

On met en cause le système éducatif japonais qui maintient une pression constante : la course aux diplômes. Un otaku interrogé souligne le problème de communication entre les membres de la famille.

Enfin, la famille japonaise se remanie depuis les années 1960. Le taux de natalité n'est plus que de 0.8 enfant par couple. Le père, absorbé par son travail, est le plus souvent absent du cocon familial, laissant l'éducation à la mère. L'enfant étant unique, les parents mettent bien souvent une très forte pression scolaire, attendant beaucoup de leur enfant prodige.
par Céline Chemla (05/07/2006)
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